Les cheminements et revêtements

Expériences : aménagements extérieurs

 

Le cheminement est l’un des éléments de base d’un aménagement pour tous. En effet, rien ne sert d’avoir une muséographie ou des animations adaptées si les personnes ne peuvent accéder aux espaces. Selon la loi, « le sol des cheminements créés ou aménagés n’est pas meuble, le revêtement n’est pas glissant et ne comporte pas d’obstacle, le profil en long présente la pente la plus faible possible et comporte le minimum de ressauts ».

Plusieurs matériaux existent sur le marché en fonction des usages et des milieux. La principale difficulté est d’aménager un espace naturel sans le dénaturer. Quelques critères sont à prendre en compte pour de telles réalisations :

  • La fréquentation

Un site comme le Cap Blanc-Nez (62) qui voit défiler un million de visiteurs par an a nécessité de mettre du végécol (voir ci-contre) tandis que des sites moins fréquentés se contenteront d’un chemin en sable calcaire compacté avec ou sans liant.

  • La topographie

Bien étudier la topographie des lieux pour que le sentier épouse au mieux le relief naturel tout en respectant les contraintes de pentes.

  • La nature du substrat

Éviter de mettre un chemin en sable calcaire sur un substrat acide (type landes) qui aurait un impact sur la flore à proximité du cheminement.

  • L’humidité

Sur les sites marécageux le platelage bois est couramment utilisé. Attention à bien choisir des essences imputrescibles comme le chêne, qui ne nécessite aucun traitement chimique.

Enfin, ne pas négliger l’entretien du cheminement. Orties, ronces ou simples plaques d’herbes rendent rapidement le trajet compliqué aux personnes en situation de handicap. L’automne et ses feuilles mortes sont aussi un élément à prendre en compte dans le planning d’entretien.

 

Le stationnement et les aires de repos

Expériences : aménagements extérieurs

 

Forêt de Meudon, table adaptée © Elsa André - ONF

 

Selon la réglementation, les zones de stationnement réservées doivent être signalées par une signalisation verticale et un marquage au sol. Mais dans un espace naturel, il est parfois difficile de faire ce marquage, surtout si on veut éviter de traiter toute la surface du stationnement. On peut cependant considérer que la répression des contrevenants n’est pas essentielle, le pouvoir de police n’est parfois pas réellement appliqué dans ce domaine. Par ailleurs la pression de stationnement n’est peut-être pas très importante. Dans ce cas une signalisation verticale peut suffire.

Il est conseillé de prévoir des aires de repos sur les parcours dépassant les 300 m pour que les visiteurs puissent récupérer. Il est parfois possible d’aménager des zones de convivialité comme des bancs, des tables de pique-nique ou autre, qui permettront de proposer des éléments d’informations comme des panneaux d’interprétation par exemple.

 

Des observatoires intégrés à une base de loisirs

Plan d’eau de Saint-Cyr

 

Sur un ancien méandre du Clain, le plan d’eau de Saint-Cyr est le fruit de l’exploitation d’une carrière qui s’est étendue des années 1960 jusqu’en 1992. Une partie du lac de 85 hectares ainsi créé a été transformée en zone de loisirs et ouverte au public dès 1981, avant que la LPO* ne réalise des aménagements écologiques et pédagogiques sur sa pointe nord.

En 2002, la LPO Vienne a proposé au gestionnaire du site (SAGA : Société anonyme de gestion et d’animation) et au propriétaire (SMASP : Syndicat mixte d’aménagement du seuil du Poitou) de réhabiliter une zone de 40 hectares dans laquelle il y avait des bassins de pêche abandonnés. Dès juin 2003, une présentation du pré-projet a été faite aux élus du SMASP avec trois points forts :

  • Un réaménagement paysager pour donner au site un aspect lacustre plus naturel et moins minéral ;
  • Un réaménagement biologique afin d’optimiser les capacités d’accueil des oiseaux d’eau en migration et en hivernage, tout en favorisant la nidification de nombreuses espèces ;
  • Un accueil tous publics pour la découverte et l’observation des oiseaux dans des conditions optimales, afin de développer une activité de tourisme de nature.

D’importants travaux de terrassement ont été entrepris (300 000 m3 de terre déplacés, remodelés…), les équipements de découverte (observatoires, pupitres…) ont également été mis en place lors de la période du chantier qui s’est déroulé de 2007 à fin 2008. Le réaménagement écologique a fait l’objet d’une demande de permis d’aménager incluant les permis de construire des 6 observatoires, une demande d’autorisation de travaux au titre de la loi sur l’eau, et une demande d’autorisation de défrichement pour enlever un boisement constitué de peupliers hybrides. En 2009, six mois ont été nécessaires pour élaborer les panneaux d’interprétation : prise de contact avec des structures spécialisées dans l’accueil des personnes handicapées, rencontre avec les imprimeurs, tests et choix de la technique à utiliser, validation du contenu par des personnes en situation de handicap puis réalisation des panneaux (cf. 4.4).

Etant situés en zone inondable, les observatoires ont dû être surélevés par rapport aux prévisions de départ. Il était obligatoire de les construire au-dessus de la côte de la crue centennale. De l’expérience des personnes qui ont suivi les travaux, l’important est de trouver la bonne entreprise et les bons matériaux… Travailler avec des entreprises locales permet de se rencontrer et de pouvoir rectifier certaines erreurs rapidement. Les devis peuvent réserver des surprises : les entreprises les moins chères ne sont pas forcément moins compétentes.

 

Site : Réserve ornithologique du plan d’eau de Saint-Cyr

 

Statut du site : construction de 6 observatoires accessibles aux PMR et aux non/mal-voyants

 

Contact : Johan Tillet, animateur/gestionnaire, 05 49 88 55 22, reserveornithosaintcyr@lpo.fr ; Sophie Gauthier, chargée de communication, sophie.gauthier@lpo.fr.

 

Partenaires : Conseil : Institution de Larnay à Biard, Centre de Ressource Expérimental pour enfants et adultes sourds-aveugles et sourds-malvoyants (CRESAM) à Migné-Auxances, Hervé Monnereau , adhérent LPO et handicapé moteur. Réalisation : Ateliers Lisières à Rouillac (maîtrise d’œuvre), Bellin TP à Lusignan (terrassement), SARL CCM Lalange à Paulnay (équipements bois, bornes podotactiles, GPM à Ingrandes (signalétique, impression, braille), Studio Ludo à Saint-Georges-lès-Baillargeaux (scans d’images). Financement : Région Poitou-Charentes, Syndicat Mixte pour l’Aménagement du Seuil du Poitou, Conseil Général de la Vienne, DREAL Poitou-Charentes, Agence de l’eau Loire-Bretagne, Cemex (fondation de carriers), Caisse d’Epargne Poitou-Charentes, Fondation EDF (Diversiterre)

 

Coût : 1 287 000 €

 

Calendrier :

 

Date d'ouverture au public :

 

Label en cours

 

En partenariat avec les utilisateurs

Glaisière de Nesles

 

Le sentier existant sur la Glaisière de Nesles  a été mis aux normes pour personnes à mobilité réduite. A l’origine du projet : une demande locale forte, une incitation politique… et la nécessité de renouveler des installations vieillissantes.

Les premiers aménagements du site dataient du début des années 1990 et n’étaient pas accessibles au plus grand nombre, interdisant l’entrée aux handicapés moteurs, aux parents avec une poussette et aux personnes âgées. Située à 12 km de Boulogne sur mer, la Glaisière de Nesles présentait pourtant des atouts certains pour un accueil tous publics en raison de sa faible pente et de l’intérêt, dans l’agglomération, de plusieurs structures d’accueil de personnes en situation de handicap, d’un hôpital et d’une clinique. Son aménagement était donc une évidence.

Pour réaliser les travaux d’aménagement du sentier (1200 mètres) de cette ancienne carrière d’argile renaturée entre 1990 et 1992, une convention a été signée avec l’Association des Paralysés de France. L’avantage était de pouvoir bénéficier de conseils en amont, d’une validation des travaux au fur et à mesure des réunions de chantier, de conseils pour l’entretien ultérieur et d’une formation concernant les agents de terrain au contact du public. Ceux-ci ont pu se mettre à la place du public visé par cette action avec une mise en situation, en fauteuil roulant et les yeux bandés, dans un site naturel supposé être accessible aux personnes handicapées. Une personne référente a également été formée par Eden 62, le syndicat mixte créé par le département qui assure la gestion du site comme tous les espaces naturels du Pas-de-Calais. Cette personne accompagne désormais les chargés de mission dans l’instruction des dossiers d’aménagement.

Le promoteur du projet, Eden 62, appuyé par les services techniques de la commune de Nesles, a choisi, pour le revêtement du sentier, l’utilisation d’un nouveau matériau, mélange de sable et de liant routier. Sa mise en forme est délicate car il a tendance à se prendre en masse très vite après son humidification mais sa tenue est intéressante, proche du béton.

Par arrêté municipal le site a été fermé au public pendant la durée des travaux, mais des actes de vandalisme ont été malheureusement constatés très peu de temps après sa réouverture, notamment la destruction d’une chicane et d’un portillon. Cependant, les agents de terrain ont unanimement constaté la satisfaction des usagers ayant des difficultés physiques en raison de l’accessibilité des installations mais aussi de leur rajeunissement général et de l’amélioration esthétique des lieux.
 

Site : Glaisière de Nesles, Pas-de-Calais

Statut du site : ENS du Pas-de-Calais

Type de réalisation : boucle de promenade de 1200 mètres accessible aux
personnes en situation de handicap moteur comprenant 145 mètres de platelage dans un bois tourbeux avec un pont équipé de mains courantes et 4 miséricordes* régulièrement réparties.

Contact : Hubert Brabant, chargé de mission, 03 21 32 13 74, h.brabant@eden62.fr / Kevin Wimez, chargé de mission accessibilité, 03 21 32 13 74 kevin.wimez@eden62.fr

Partenaires :équipe aménagement d’Eden 62, services techniques de la commune de Nesles, Association des Paralysés de France.

Coût : 55 016 € (dont 25 300 € de financement FEADER)

Calendrier : 4 mois

Ouverture au public : novembre 2009

 

La maîtrise des dangers de la forêt

La Forêt de Meudon

 

Le parcours aménagé se situe à 7 km de Paris, sur une route forestière fermée à la circulation des véhicules depuis 18 ans sur la partie en plateau de la forêt domaniale de Meudon. Le sentier forestier a été sécurisé et agrémenté d’un parcours pédagogique, sensoriel et ludique à destination de tous les publics et toutes les formes de handicaps.

L’accès des personnes à mobilité réduite et des non-voyants à ce site remarquable à l’intérieur d’un boisement a pu se faire grâce à l’installation d’un platelage en bois de 70 mètres. Mais outre ce cheminement, ce sont les éléments de signalétique d’interprétation qui sont innovants : du mobilier sensoriel et des pupitres en relief et braille, une borne audio, un fil d’Ariane et des bandes podotactiles…

L’appui d’un membre de la Fédération des Aveugles de France a été requis pour tester et valider les visuels, le mobilier et les éléments du parcours. Une borne vocale permet d’informer le public sur des thèmes proposés le long du circuit.

Le public fréquentant le parcours apprécie le caractère informatif et ludique des ateliers, l’intégration de l’équipement dans le milieu.

Le projet a pu voir le jour grâce à une forte volonté de l’ONF d’ouvrir ses forêts et de les rendre accessibles à tous. Pour ce dossier, l’office s’est associé à une fondation d’entreprises (gestionnaire immobilier) qui souhaitait s’impliquer dans des actions de préservation de l’environnement et de soutien à toutes les formes de handicap. Il a été mené en concertation avec des associations et publics handicapés. La forêt de Meudon étant un site inscrit, il a été obligatoire de soumettre une demande d’aménagement auprès de la Diren* d’Ile-de-France. Il a fallu également aplanir les dangers potentiels du milieu forestier comme les obstacles, les risques de glissade ou la chute de branches.

Les seniors plébiscitent la mise à disposition de bancs et tables de repos repartis sur l’ensemble du parcours. De plus, le sentier a été nominé aux Trophées de l’Accessibilité 2011.

Le conseil du gestionnaire : « prévoir 18 mois entre le démarrage de la réflexion et la réception des travaux du fait de la nécessaire consultation des usagers ».

 

Site : Forêt de Meudon

 

Statut du site : Site inscrit – forêt domaniale

 

Type de réalisation : aménagement d’un parcours pédagogique en forêt accessible à tous

 

Contact : Séverine Rouet, chef de produit,
01 40 19 79 44, severine.rouet@onf.fr ;
Gilles Boncori, chef de projet, 01 47 50 57 19, gilles.boncori@onf.fr.

 

Partenaires : Association des Paralysés de France, Fédération des Aveugles de France, Association Valentin Haüy, UNAPEI, Comité départemental du tourisme 92, Office national des Forêts (conseils, financement), Fondation d’entreprise Gécina (financement), entreprise SACER (stationnements), entreprise Ferre (travaux de voirie et aide à la pose des équipements), ateliers bois de l’ONF Picardie et Normandie (mobilier), société PHITEC (borne vocale), société tactile Studio (handicap visuel), aquarelliste Florence Clément (illustrations), société Asquali (fourniture de senteurs).

 

Coût : 150 000 €

 

Calendrier : 18 mois

 

Label pour les 4 handicaps

 

Pas de construction mais de la formation

Marquenterre

 

Dans la baie de Somme, il y une tradition « ancestrale » (depuis 1973) d’accueil de personnes handicapées mentales. Depuis peu, tous les publics peuvent visiter cet écosystème particulier, dans le Parc du Marquenterre. Sans aménagement particulier mais avec une formation spécifique des animateurs.

La volonté des animateurs naturalistes et l’intérêt du public pour le parc (160 000 visiteurs/an) se sont conjugués pour initier ce projet. Pas question de faire des aménagements spécifiques ou développer des parcours spécialisés. La volonté a été au contraire de montrer la même chose et les mêmes lieux à tous les visiteurs. Le parti pris a été de former des guides naturalistes volontaires et motivés par le projet. Leur point de vue : aussi beau et efficace que soit le matériel, sans l’élément humain et l’intérêt naturaliste pour le vivant, il n’est alors qu’un objet inerte.

Ainsi, deux activités sont proposées : « à l’éveil des sens » et « découverte de l’estuaire en calèche ». Inscrites dans le plan de gestion et de collaboration avec le Conservatoire du littoral, ces sorties ne demandent pas d’autorisations particulières mais sont à horaires variables selon les marées.

Le projet n’a pas pu être testé du jour au lendemain. Il a fallu attendre le temps nécessaire à la formation des guides. Le poids des calèches a également été un problème pour sillonner l’estuaire, et d’autres soucis sont encore à venir avec l’accessibilité voulue sur les 6 km de parcours pour les fauteuils.

Le gestionnaire du site déplore un manque de temps pour former l’ensemble des guides volontaires. Question budget, le coût n’a pas été excessif, les calèches adaptées aux fauteuils sont même autofinancées par l’activité. La recommandation majeure du gestionnaire est de prendre en compte le fait que c’est un travail de longue haleine qui s’améliore avec le temps, et qui repose essentiellement sur l’investissement humain de quelques personnes travaillant en direct sur le terrain.

L’amélioration constante de l’activité, les retombées médiatiques avec des reportages dans la presse et les journaux télévisés ont généré une forte fierté des guides et une motivation accrue pour faire partager leur passion à tous. Grâce aux reportages télévisés, ils ont pu faire comprendre aux populations que les naturalistes sont au coeur de la société et non en marge. Cette expérience a beaucoup appris aux animateurs sur les personnes handicapées, mais aussi sur l’humain en général.

 


Site : Réserve naturelle de la Baie de Somme

 

Statut du site : réserve naturelle nationale

 

Type de réalisation :sorties tous publics recommandées aux personnes à handicap

 

Contact Nathanaël Herrmann, responsable projet, 03 22 25 20 71, nathanaelherrmann@baiedesomme.fr ; Philippe Carruette, responsable pédagogique, 06 75 24 10 57, philippecarruette@baiedesomme.fr

 

Partenaires : Comité départemental du tourisme, Institut national des jeunes aveugles de Paris, Maud Dupuy Polymorph Design à Lyon (construction de la maquette des milieux du parc pour les non-voyants), associations locales de non-voyants, IME locaux, maisons de retraite, Maison pour tous d’Abbeville, Mme Casimir (formation langage des signes), banque HSBC (financement de « éveil des sens »)

 

Coût : « éveil des sens » : 8000 €, calèche adaptée aux fauteuils 14 000 €

 

Label pour le handicap visuel

 

Disponibilité au public depuis 2008

 

Un platelage « fait maison »

Marais de Guînes

 

La marais de Guînes est situé à proximité d’une commune qui abrite seulement 5200 habitants mais accueille de nombreux visiteurs en raison de son attrait touristique pour le parcécomusée Saint Joseph Village qui intéresse de nombreuses personnes âgées. C’est une des raisons qui a poussé à l’aménagement du marais, parsemé de quelques plans d’eau où se succèdent les différents stades du milieu : prairie, roselière, mégaphorbiaie et bois. Cet aménagement a aussi permis de recréer une zone de repos pour la faune au coeur du marais.

Un passage au travers d’une zone de boisement marécageux a été pratiqué et recouvert d’un platelage qui, à un certain endroit, passe au-dessus d’un plan d’eau sur un pont de 110 mètres. Plusieurs passerelles techniques permettent également le passage d’un tracteur.

Les travaux ont été réalisés en trois tranches pour éviter le dérangement des espèces en période de nidification. Au préalable, des documents sur les principales normes d’accessibilité avaient été recueillis par Eden 62, et les agents avaient été formés grâce à un voyage d’étude pendant lequel ils avaient été mis eux-mêmes en situation en fauteuil roulant, ou les yeux bandés avec une canne d’aveugle dans un site soit disant accessible. Ils avaient alors pu se rendre compte très concrètement des problèmes rencontrés par les personnes handicapées.

Tous les aménagements ont été réalisés et financés en interne grâce notamment à un atelier d’insertion. Une attention particulière a été apportée à l’utilisation de produits locaux comme le chêne de pays et l’acacia robinier provenant pour partie des travaux de gestion opérés sur d’autres ENS. Le chantier a été suivi par l’Association des Paralysés de France.

Des discussions ont eu lieu sur la mise en place de bornes sonores d’interprétation dans la mesure où il faut les protéger du vandalisme tout en conservant un aspect esthétique pour un prix raisonnable. Ces bornes sonores seront installées avec des batteries en caissons étanches. Des bornes tactiles ont été mis en place.

 

Site : Marais de Guînes

 

Statut du site : ENS du Pas-de-Calais

 

Type de réalisation : mise en accessibilité du marais et interprétation du site

 

Contact : Alexandre Driencourt, Chargé de mission du secteur, 03 21 32 13 74, alex.driencourt@eden62.fr / Kevin Wimez, chargé de mission, 03 21 32 13 74, kevin.wimez@eden62.fr

 

Partenaires : Association des Paralysés de France (conseils techniques)

 

Calendrier : 3 ans

 

 

De la réserve de chasse à la réserve naturelle

Marais de Cambrin

 

Après avoir utilisé pendant plus d’un demi-siècle le marais de Cambrin comme réserve de chasse, la commune souhaitait changer radicalement de politique en restituant le marais à ses habitants et en l’ouvrant à tous les publics.

La mosaïque de milieux naturels en zone humide (boisements, marais, mares) qui composent le marais est maintenant interdite aux chasseurs. La faune y a repris ses droits et c’est devenu un site de grand intérêt paysager et écologique. Il a pourtant nécessité quelques aménagements comme un sentier piétonnier avec un platelage de 1400 mètres, mais aussi un observatoire de la faune sur pilotis, un fil d’Ariane, des chicanes, des miséricordes*, une table de lecture, des signalétiques (bornes de guidage et plaques d’interprétation en relief) permettant l’accès aux personnes à mobilité réduite et aux déficients visuels.

Au préalable, des diagnostics écologiques ont été réalisés. Cela a permis de modifier le tracé du chantier en fonction des espèces et des habitats naturels remarquables. Il a fallu également tenir compte des réglementations en vigueur pour les zones humides et les Espaces boisés classés (EBC*).

Malgré l’intervention d’entreprises spécialisées et l’association d’un représentant de l’APF à la réflexion et au suivi du chantier, la labellisation « Tourisme et handicap » n’a pas été obtenue. En effet, le sentier est bien accessible aux personnes à mobilité réduite, mais certains aménagements demandés (mains courantes, garde-corps, banquettes de terre, toilettes, abris...) conduisaient selon le gestionnaire à rendre le site trop artificiel et le chantier trop onéreux. Par ailleurs, le matériel (en l’occurrence les fauteuils roulants) évolue très vite et les chicanes d’entrée ne sont plus forcément adaptées. Des aménagements plus légers (chicanes plus larges par exemple) sont nécessaires, mais ne jouent plus leur rôle d’interdiction de l’accès aux deux-roues.

Le site est dorénavant fréquenté par les habitants des environs, sans que la population ne le considère réellement comme un espace protégé, ce qui pose des problèmes d’entretien (déchets, actes malveillants...). D’où la nécessité de bien planifier les entretiens avec les communes propriétaires, car la maintenance est un poste important et nécessaire dans le cadre d’un sentier tous publics (longévité, fonctionnalité...).

 

Site : Réserve Naturelle Régionale du marais de Cambrin

 

Statut du site : réserve naturelle régionale, EBC*

 

Type de réalisation : sentier piétonnier de 1,4 km en matériau minéral stabilisé, observatoire de la faune sur pilotis, fil d’Ariane, chicanes, miséricordes, table de lecture, signalétique

 

Contact Céline Guicheret, responsable communication, 03 21 54 75 00, celine.guicheret@espaces-naturels.fr ; Sandrine Gougaud, responsable travaux, 03 21 54 75 00, sandrine.gougaud@espaces-naturels.fr.

 

Partenaires : Ateliers Tetras (conception), Cabinet Ariétur (conception), Bois et Loisirs (réalisation), JMS Paysages (réalisation), SAEE (réalisation), Conseil Régional (financement), Agence de l'Eau (financement), Communauté de Communes Artois (financement), Conseil Général (financement), Commune de Cambrin (financement), Caisse d'Epargne (financement), Fondation EDF (financement), Veolia (financement)

 

Coût : 420 000 €

 

Calendrier : 4 ans

 

Date d’ouverture au public : 2007

 

D’un marais insalubre à un site d’une grande richesse

Etang du Grand Lemps

 

Malgré la faible portance de la tourbière, il a été possible à Avenir, gestionnaire du site, de l’aménager afin que la richesse de sa faune et de sa flore puisse aussi être admirée par des personnes à mobilité réduite.

Pour être accessibles à tous les publics, les aménagements ont concerné l’ajout d’un caillebotis flottant articulé et d’un tunnel végétalisé en fers à béton, la conception d’un ponton sur l’eau pour les animations de pêche avec un aquascope et l’aire de stationnement en sol compacté naturel.

Afin de mieux préparer le projet, le gestionnaire du site a bénéficié des échanges d’expériences du réseau des Réserves Naturelles de France à travers la commission éducation à l’environnement. Cela s’est avéré très utile par exemple sur l’utilisation du braille ou sur les supports d’écriture traditionnellement en laiton, mais finalement trop chauds ou trop froids suivant les saisons. Le Forum sur l’accessibilité organisé par l’Aten à Lille a été également bénéfique pour obtenir des informations sur, entre autres, la législation ou la lisibilité des documents. De façon très pratique, le choix d’entreprises locales (comme Brochier Charpentiers Bilieu) s’est avéré une bonne option, notamment en raison de leur disponibilité.

Suite aux travaux, l’image du site a complètement changé auprès du public et des élus, passant d’un marais insalubre à un site d’une grande richesse à découvrir. Les aménagements ont permis de nouer de nouveaux partenariats comme avec les clubs de photos et de scrapbooking qui suivent l’évolution du site au fil des saisons. La communauté de communes a même financé un poste d’animateur à temps partiel pour faire découvrir le site. Devant ces résultats positifs, le gestionnaire du site est encouragé à aller encore plus loin en rendant son site encore plus accessible. Il accueille un stagiaire qui travaille actuellement sur l’accessibilité pour les mal-voyants.

 

Site : Tourbière du Grand Lemps

Statut du site : Réserve Naturelle Nationale, Natura 2000.

Type de réalisation : Aménagement d’un sentier de présentation des habitats naturels tourbeux, d’un ponton et d’un local pédagogique.

Contact : Grégory Maillet, conservateur, 04 76 65 08 65 ; grand-lemps@espaces-naturels.fr

Partenaires: bureau d’étude géotechnique, bureau d’architectes, communauté de communes.

Coût : 200 000 €

Calendrier : 7 ans

Ouverture au public : 2007

 

 

En parcourant les marais sur pilotis

Les marais du Vigueirat

 

Rendre le site des Marais du Vigueirat accessible au plus grand nombre fait partie des priorités du gestionnaire depuis l’ouverture de l’espace naturel au public. C’est pourquoi deux sentiers ont été aménagés pour les personnes à mobilité réduite.

Principale difficulté : en raison de la mise en eau des marais, chaque année de septembre à avril, il fallait non seulement un sentier hors eau mais aussi des matériaux pouvant résister à l’humidité du milieu ambiant. Ouvert en 2000, le sentier des Cabanes est donc entièrement sur pilotis afin d’éviter le piétinement de la flore, et construit en bois local de robinier pour les pieux et les traverses, et en chêne pour le solivage, le plancher et les chasse-roues. Le recours à des bois exotiques avait été proscrit pour des raisons écologiques. Le parcours passe par une plate-forme qui permet d’avoir un point de vue en hauteur sur le paysage. Cette plate-forme a été équipée d’un élévateur qui permet un accès facilité aux personnes à mobilité réduite.

Au total, ce sont plus de la moitié des sentiers, sur 1700 mètres, qui ont été ainsi surélevés. Les autres portions des chemins sont soit en graves (27%) soit enherbés (20%). Seule une petite partie n’est pas accessible, la pente étant trop forte. Le chantier a été complété par la création d’un manuel d’interprétation sensorielle par l’ouïe, la vue et le toucher afin de permettre à tous les publics non seulement d’admirer ce site surprenant, aux pieds des Alpilles au coeur du « triangle d’or de la biodiversité », mais aussi de mieux le comprendre. Les personnes handicapées mentales n’ont pas été oubliées. Une calèche tirée par des chevaux a spécialement été aménagée pour eux, leur permettant de traverser le site.

Tous les travaux ont été réalisés non seulement dans le respect de l’environnement, mais aussi du développement local. Plus de la moitié des embauches pour le site sont locales. De même, un travail sur les visites guidées a été réalisé avec des prestataires de la zone.

En 2003, l’association les Amis des Marais du Vigueirat a adhéré à la démarche « nature et handicap » portée par la Ligue pour la protection des oiseaux de la région Paca.

 

Site : Les marais du Vigueirat

 

Statut du site : Réserve naturelle nationale , site du Conservatoire du littoral

 

Type de réalisation : circuit pédagogique de 673 mètres sur pilotis, équipé de 8 points pédagogiques, ludiques et interactifs avec livret d’interprétation sensoriel

 

Contacts : Caroline Meffre-Gazerra, chef du service tourisme, 04 90 98 70 91, caroline.meffre@espaces-naturels.fr ; Jean-Luc Descrimes, régisseur,
04 90 98 79 40, jl.descrimes@espaces-naturels.fr

 

Partenaires : Ateliers Tetras (conception), DDE, Conseil Général (Service Départemental des Personnes Handicapées), SDT des Bouches-du-Rhône, Association « les Blongios, la nature en chantier », AEEC

 

Coût : 355 000 €

 

Date d’ouverture au public : 2000

 

Label en cours

 

Handicap et éco-tourisme

Moëze-Oléron

 

 

Initié par la LPO* et écrit collégialement avec les élus locaux, le projet de réalisation d’un centre d’interprétation dans et autour de la réserve naturelle de Moëze-Oléron est avant tout le reflet d’une volonté affichée de développer un écotourisme local au sud de l’agglomération de Rochefort, en marge du tourisme balnéaire du bassin de Marennes-Oléron.

Le premier objectif était de communiquer sur l’espace protégé, sa fonction et son atout patrimonial, de développer un accueil de qualité pour le plus grand nombre et de proposer de l’information accessible facilement par une approche sensible et sensorielle.

La muséographie a nécessité l’aménagement de deux corps de bâtiment (propriétés du Conservatoire du Littoral) dont la rénovation n’a pas été sans difficulté en raison de l’instabilité du terrain argileux. A peine les travaux terminés, les sentiers ont été inondés en février 2010 avec la tempête Xynthia. Il a alors fallu procéder au recalibrage des cheminements pour qu’ils soient avant tout accessibles aux PMR*, mais aussi au pâturage ovin.

Malgré tout, la principale difficulté a été d’inscrire les aménagements dans une démarche éco-responsable. Au préalable, le Système de Management Environnemental (de Yann André et Marion Coulange de la LPO) a servi de base à la réflexion. L’impact sur le milieu naturel a été minimisé pour les phases de travaux (choix des horaires pour ne pas déranger la faune, tri des matériaux jetés…), ainsi que l’impact paysager (choix des pupitres d’information, panoramique…). Tout d’abord, tous les travaux (sentiers et rénovations ou réhabilitation des bâtiments) ont été effectués hors périmètre classé RN (exception faite de la ferme des Tannes). D’autre part, le choix des matériaux s’est avéré important avec des bois d’oeuvre comme le chêne et des essences labellisées. Les savoir-faire traditionnels ont été valorisés, notamment pour la rénovation de la ferme des Tannes, en permettant aux eaux pluviales de tomber au pied du bâtiment afin d’alimenter les argiles, donc de les faire gonfler afin de renforcer la stabilité des matériaux.

Les premières concertations ayant eu lieu en 2009, la validation du cahier des charges n’a été effective qu’en 2010 pour une réception des travaux fin 2011. Le conseil du gestionnaire du site est de laisser le temps à chacun de s’approprier le projet : « Un peu de patience ! » conclue-t-il.

Aujourd’hui, cet aménagement porté par la communauté de communes Sud Charentes permet d’intégrer l’espace protégé dans un développement économique local basé sur l’éco-tourisme, et d’accueillir les 20 000 visiteurs annuels dans de bonnes conditions. L’accueil et l’animation confortent la mission de gestion de la réserve naturelle.

 

Site : Réserve Naturelle de Moëze-Oléron

 

Statut du site : Réserve Naturelle Nationale.

 

Type de réalisation : Réalisation d’un centre d’interprétation

 

Contact : Philippe Delaporte, conservateur / Nathalie Bourret, responsable animation, m.moëze@lpo.fr, 05 46 83 17 07

 

Partenaires éventuels : SEMDAS (appui à la CCSC par délégation), Cabinet Pernet (architecte et coordinateur de ses prestataires (BET Structures, BET Fluide, Economiste), Présence (communication et scénographie pour l’écriture d’un scénario), A2i Infra (coordination des aménagements extérieurs), Harmatan (scénographe pour la muséographie et l’interprétation extérieur), Conseil Général (financement), Conseil Régional (Conseils, financement), FEDER (financement), Agence de l’eau Adour-Garonne (financement), Fondation EDF Diversiterre (financement)

 

Coût : aménagement du chantier sans la scénographie : 326 482 €. Muséographie et bâtiment : 1 574 309 €

 

Calendrier : 5 ans

 

Date d’ouverture au public : 2012

 

Label en cours

 

Sortie en joëlette et fauteuil tout terrain

Nohèdes

 

Dans la réserve naturelle de Nohèdes, personnes valides et à mobilité réduite participent aux mêmes sorties grâce à deux véhicules : les joëlettes et les fauteuils tout terrain (FTT).

 


 

© RN Catalanes

 

Si on imagine bien les FTT*, on croise plus rarement des joëlettes. L’invention de ce fauteuil prolongé par 4 bras revient à un accompagnateur en montagne, Joël Claudel, qui voulait pouvoir continuer à emmener en balade Stéphane, son neveu myopathe. Ce fauteuil nécessite l’aide de deux personnes valides pour une personne à mobilité réduite. De même, il faut compter une personne valide par personne en FTT, qu’il soit poussé par l’homme ou tracté par un animal… et des personnes valides supplémentaires pour modérer les efforts.

Lors des sorties organisées dans la réserve naturelle de Nohèdes, les animateurs s’assurent qu’il y a suffisamment de personnes valides qui participent activement à l’accompagnement des personnes à mobilité réduite. Eux-mêmes sont dispensés de cet accompagnement du fait qu’ils doivent garder une vue d’ensemble sur le rythme et le fonctionnement du groupe. Ils peuvent également choisir de reporter la sortie en cas de conditions météorologiques incertaines : les personnes en joëlette ou en FTT restent immobiles pendant la balade et sont plus sensibles au froid.

Les joëlettes concernent généralement des personnes lourdement handicapées, mais sont un excellent moyen pour leur permettre de participer à une balade dans un espace naturel. Un autre aspect très positif est l’intégration sociale des personnes handicapées qui partagent une sortie avec des personnes valides.

Bien choisir son chemin : une piste ou un sentier suffisamment large, sans dévers important, pas trop accidenté et sur un itinéraire sans trop de dénivelés. Il faut aussi prévoir des navettes entre le point de départ et d’arrivée, et des accessoires indispensables : casques, gants de protection (FTT), mousses, coussins et sangles pour bien installer la personne dans le FTT ou la joëlette, kit de réparation…

Pour ceux qui voudraient acquérir des FTT et des joëlettes, le gestionnaire du site conseille de recruter des animateurs qui sont en possession, au minimum, du Brevet élémentaire d’accompagnateur de moyenne montagne (BE AMM*) avec un Certificat de qualification handisport (CQH*). De plus, en cas d’utilisation du FTT en traction animale, il faut recourir à un ânier, une personne formée à la traction animale. Le cas échéant, les éducateurs spécialisés des personnes handicapées devront s’adapter.

 

Site : Réserve Naturelle de Nohèdes

 

Statut du site : réserve naturelle nationale

 

Type de réalisation : équipement de joëlettes et de fauteuils tout terrain

 

Contact : MANGEOT Alain, Conservateur, 04 68 05 22 42, nohedes@espaces-naturels.fr

 

Partenaires : association NATAPH

 

Proposé au public depuis 2007

 

Des fauteuils sur l’eau

Landes et tourbières de Lan Bern

 

Le réaménagement du sentier des landes et tourbières de LanBern a commencé par un test : la visite en fauteuil roulant de la réserve naturelle pour voir concrètement les travaux à réaliser.

L’association de mise en valeur (AMV) du site a obtenu des conseils utiles auprès du responsable du Pays touristique Guerlédan Argoat et du représentant régional de l’APF* pour permettre une visite en autonomie du début à la fin.

Deux années se sont écoulées entre la rédaction du dossier et les travaux qui débutent à peine, le plus long étant de trouver les financements nécessaires. Toutes les entreprises qui réalisent ce chantier sont de la région.

Bientôt, les personnes qui se déplacent en fauteuil roulant pourront non seulement emprunter le sentier, mais également s’avancer sur un ponton construit à fleur d’eau d’où on aperçoit les larves de libellules et les tritons qui évoluent dans la mare oligotrophe de la réserve naturelle. Un seul regret : une butte haute de 6 mètres qui permettait aux PMR* d’avoir une vue d’ensemble du site, n’a pas pu être aménagée pour l’accès aux fauteuils.

Un choix a été fait par le gestionnaire de ne pas faire d’aménagement pour les personnes en situation de handicap visuel. Une borne auditive aurait dû être installée pour répondre aux critères du label, ce que le gestionnaire s’est refusé à faire pour des raisons de coût (pour amener l’électricité sur place notamment), et de réelle nécessité (les personnes venant forcément accompagnées).

 

Site : Landes et tourbières de Lan Bern

 

Statut du site : espace remarquable de Bretagne – réserve naturelle régionale

 

Type de réalisation : aménagement d’un sentier de 1km pour les quatre familles de handicaps

 

Contact : Yvon Mehaute, Président, Mélanie Ulliac, 02 96 29 32 59, a.m.v@free.fr.

 

Partenaires :  Le Pays touristique Guerlédan Argoat (suivi des demandes de subvention), office du tourisme, Conseil Général, Communauté de Communes, mécénat (Fondation Orange) conseil régional.

 

Coût : 25 000 €

 

Calendrier : 3 ans

 

Date d’ouverture au public : 2012

 

Label (handicaps moteur, auditif, mental)
 

 

Des joëlettes dans les landes à bruyères

Pinail

 

Comment rendre accessible aux personnes à mobilité réduite un territoire aussi accidenté que celui de la Réserve Naturelle du Pinail, en Poitou-Charentes, sur laquelle plus de 3000 mares ont pris la place d’anciennes carrières d’extraction de la pierre meulière ?

Le reste du territoire étant occupé par 135 hectares de landes à bruyère à balai, le terrain ne permettait pas un cheminement aisé des personnes ayant des problèmes de locomotion. L’étude pour l’aménagement du sentier de découverte était évoquée depuis une dizaine d’années, et un document de propositions avait été réalisé pendant deux ans pour pouvoir bénéficier du programme de Réserves naturelles de France « Pour une nature européenne accessible à tous », en tenant compte de la volonté de maintenir le site le plus sauvage possible. C’est tout naturellement que la solution préconisée a porté sur l’acquisition de joëlettes. Ces fauteuils à porteurs permettent dorénavant de faire visiter la réserve naturelle à toute personne à mobilité réduite en limitant l’impact sur les habitats naturels.

La principale difficulté réside dans le faite de trouver un lieu de stockage pour les joëlettes. Autre problème : chaque joëlette mobilise deux porteurs valides.

Le bilan est cependant très positif. Cette initiative a permis le croisement de deux réseaux rarement mis en relation localement : les espaces naturels et les structures d’accueil de personnes dépendantes. Au cours du démarchage de toutes ces structures, le gestionnaire du site a pu constater que la demande était forte pour cette offre de service qui n’existe quasiment pas dans le département. La présence de deux porteurs, si elle peut paraître compliquée à organiser, permet en retour de générer des rencontres conviviales intergénérationnelles, comme par exemple la mobilisation des familles des résidents en maison de retraite pour une balade dominicale.

 

Site : Réserve naturelle du Pinail

 

Statut du site : Réserve Naturelle Nationale

 

Type de réalisation : Acquisition de 4 joëlettes mises à disposition des visiteurs et des structures animatrices du site

 

Contact : Pascal Dubech, conservateur, 05 49 0233 47 ; gerepi@free.fr.

 

Partenaires éventuels : Bureau d’études de l’ONF Poitou-Charente, Ferrial Matrat (fourniture des joélettes), Fondation EDF, Conseil Général

 

Coût : 11 000 € pour 4 joëlettes

 

Calendrier : 3 ans

 

Date d’ouverture au public : 2010

 

Un enrobé végétal en guise de chemin

Sentier du Lauzanier

 

Comment faire venir les personnes handicapées au coeur du Parc national du Mercantour, là où la pente est forte, là où les consignes en matière d’aménagement sont les plus contraignantes ? Tel est le défi que se sont lancé les responsables du Parc et les élus de la commune de Larche située à la frontière italienne.

 

Pour que tous les publics puissent découvrir le vallon du Lauzanier et avoir la chance de s’approcher au plus près des chamois, des gypaètes barbus et des bouquetins, il a fallu faire preuve d’ingéniosité. Ainsi, pour la bande de roulement, un enrobé végétal a été utilisé. Il se fond parfaitement dans le paysage.

Le résultat est un aménagement dont l’impact sur l’environnement est totalement maîtrisé et qui permet de proposer aux personnes handicapées un site regroupant plusieurs services, de l’hébergement à l’animation quelle que soit la saison.

Le directeur du Parc national reconnaît qu’en marge du sentier, il y a encore beaucoup à faire pour la formation des animateurs, des accompagnateurs de moyenne montagne et des restaurateurs afin qu’ils intègrent les besoins réels des personnes handicapées. Mais « la mixité des publics est importante, c’est riche ! ». Cette formation a eu par exemple pour conséquence d’impliquer davantage les agents de l’établissement dans leur travail. Par un effet d’entraînement, de nombreuses personnes motivées, prêtes à s’investir, ont adhéré au projet.

L’important est de « bien s’appuyer sur les personnes handicapées, leurs besoins ne s’inventent pas, même en faisant des efforts ! » et de trouver des prestataires compétents.

Pour voir le clip sur le sentier rendez-vous sur www.parcsnationaux.fr, rubrique découvrir - visiter - partager.

 

Site : Parc national du Mercantour

Statut du site : Parc National

 

Type de réalisation : Sentier accessible en autonomie au cœur d’un Parc national, bande de déroulement en enrobé végétal, tables de lecture multi-sensorielles.

 

Contact : Christine Michiels, déléguée, 06 20 38 67 26, christine.michiels@mercantour-parcnational.fr

 

Partenaires : Service handicap du Conseil général 04, association de personnes handicapées « à perte de vue, Association des Paralysés de France, Communauté de Communes, Mécénat GMF, Conseil Régional, commune de Larche, La routière du midi (aménagement du sentier), Polymorphe design (tables tactiles et dépliants).

 

Coût : 195 000 €

 

Calendrier : 3 ans

 

Ouverture au public : été 2010

 

Label pour les 4 handicaps depuis 2011

 

Opération « handi-cap-océan »

Plage du Petit Nice

 

Les personnes handicapées circulant en fauteuil roulant et les non-voyants peuvent ainsi bénéficier de places de stationnement réservées, accéder à un cheminement spécifique, avoir accès à la plage avec la possibilité de se baigner, être accueillis dans le poste de secours et emprunter un sentier de découverte adapté.

Suite à la tempête Xynthia, l’ONF* a été obligé au démontage du sentier de plage qui avait été aménagé et au déplacement du poste des maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) face au recul du trait de côte. Depuis, l’érosion marine oblige à démonter les installations d’accès à la plage dès l’automne …

Le Plan Plage en vigueur prenait déjà en compte l’accueil tous publics depuis 2005. Sur les trois sites identifiés comme potentiellement aménageables, le Petit Nice a été retenu comme site-pilote, notamment en raison de la forte motivation de la commune de La Teste de qui dépend la plage. Les difficultés sont pourtant importantes pour traverser la dune pour avoir accès à l’océan et au littoral sableux. De plus, le site, soumis à la Loi Littoral, a nécessité une enquête publique préalable et une modification du PLU*. Dépendant du Plan de prévention des risques littoraux, il a nécessité de nombreuses autorisations dont celles de l’architecte des Bâtiments de France et de la Direction régionale de l’environnement.

L’architecte a dû redoubler d’imagination pour trouver des solutions innovantes : des cheminements piétons en enrobé végétal avec guidage au sol, l’utilisation du rondin d’Ariane, l’implantation d’un poste de secours en ossature bois, « climatisation naturelle » (puits canadien et toiture végétale), et enfin une descente de plage en caillebotis.

Les gestionnaires du site conseillent avant tout de s’assurer d’avoir une équipe très motivée, responsables communaux comme partenaires techniques. Critère principal retenu pour l’architecte et les bureaux d’étude : la capacité à innover et à adapter le projet en fonction des avis extérieurs tant réglementaires que techniques ou des besoins exprimés pour les futurs usagers.

Au final, un impact environnemental réduit et l’intégration parfaite dans le paysage de ce site unique, face à la Pointe du Cap Ferret et au sud de la Grande Dune du Pilat, classée Grand site de France.

Durant les premiers mois, 160 personnes ont bénéficié des installations et, devant la bonne fréquentation, le projet devrait faire école.

Site : Plage du Petit Nice à La Teste

 

Statut du site : Natura 2000

 

Type de réalisation : Equipements et aménagement adaptés pour l’accès à la plage.

 

Contact : Sylvie Metayer, chargée du tourisme, 05 56 00 64 94, sylvie.metayer@onf.fr ; David Rosebery, technicien du bureau d’études,
05 57 81 67 54, david.rosebery@onf.fr.

 

Partenaires : Office National des Forêts (conception générale, cheminements, descente plage, sentier découverte, agrès adaptés, financement partiel), Cabinet d’architecture local Atelier Architecture du bassin, Bureau d’études Designes Associés à Lyon (mobilier et ligne graphique), Tactile Studio à Paris (adaptation pour les non-voyants table de lecture paysage), Associations de personnes handicapées comme GIHP (Groupement pour l’insertion des personnes handicapées physiques), Handi-plage et Tourisme-handicap (demande d’avis ou de test), partenaires financiers habituels (Etat CPER, Région, Département, Commune), Konica-Minolta (mécène).

 

Coût : 440 000 €

 

Calendrier : 5 ans

 

Date d’ouverture au public : 2010

 

Label handicap moteur, demande en cours pour handicap visuel
 

 

 

Chemins tous publics : la recette est dans le substrat

Bois départemental de Maroeuil

 

Le bois départemental de Maroeuil est situé à proximité d'Arras dans le Pas-de-Calais. C'est une hêtraie/chênaie légèrement vallonnée et parsemée de carrières de grès. Ce site péri-urbain est très fréquenté par les citadins (jusqu'à 1200 visiteur / jour) et le Conseil général a souhaité le rendre accessible au plus grand nombre.

Dans le cadre d’un réaménagement global du site, Eden 62, syndicat mixte sous l’égide du département, qui gère cet Espace naturel sensible (ENS), s’est penché sur sa mise en accessibilité tous publics. La première étape a été de repérer sur le site le tracé le plus propice à ce genre d’aménagement afin d’y créer une boucle d’environ 1 Km et dont les pentes ne dépasseraient pas 5 % (Arrêté du 1er août 2006). Une fois le tracé mis en évidence, il a fallu trouver un substrat non meuble et non glissant adapté à ce genre de travaux. Notre choix s’est donc porté sur le sable 0/3 calcaire exploité à Marquise (62) dont les carrières sont situées dans le département. Ce matériau peut être mis en place sans additif mais, afin de le rendre plus résistant (aspect proche du béton), le choix a été fait d’y ajouter un liant à hauteur de 7%. Il est conseillé de faire réaliser la pause du revêtement par une entreprise qualifiée équipée de matériel adapté pour un résultat plus « soigné ».

La largeur minimale de ce chemin doit être de 1,40 mètre. Il est toutefois recommandé de réaliser des allées de 1,60 à 1,80 mètres pour permettre le croisement de deux personnes en fauteuil.

Lorsque les contraintes techniques ou environnementales l’imposent, il est possible de réduire ponctuellement le cheminement à 90 cm avec des zones de croisement élargies. Dans ce cas, il est indispensable que l’on puisse voir une personne arrivant en sens inverse avant de s’engager sur la portion de chemin. Le
cheminement est constitué d’un géotextile, d’un soubassement en « tout venant » 0/36 sur une épaisseur de 25 cm recouvert par 5 cm de sable de Marquise mélangé au liant. Il a été complété par un fil d’Ariane en chêne ainsi que par des bandes de guidage au niveau des croisements afin de le rendre accessible aux personnes malvoyantes.

 

Site : Bois départemental de Maroeuil

 

Statut du site : ENS du Pas-de-Calais


Type de réalisation : Cheminement en sable calcaire compacté


Contact : Charlotte Debrabant, Chargée de mission du secteur charlotte.debrabant@eden62.fr, 03 21 32 13 74 / Kevin Wimez, kevin.wimez@eden62.fr, 03 21 32 13 74


Coût : terrassement sur 1,70 m, régalage des accotements sur 0,90 m, fourniture et pose de géotextile, fourniture et mise en oeuvre de tout venant sur 25 cm, fourniture et mise en oeuvre de sable 0/3 de marquise traité à 7 % de liant sur 5 cm = 22,95 €/m2 Fourniture et pose de planches en chêne 8x6 sur piquet 8x8x0,5 = 15,50 €/m linéaire

 

Label pour les 4 handicaps en cours

 

Un sentier sur pilotis pour mener au lac

Bout du Lac d’Annecy

 

« Respecter le site en construisant un aménagement réversible qui s’insère dans le paysage et prend en compte la biodiversité » était la priorité de l’Association des amis de la réserve naturelle, à l’origine de l’aménagement d’un sentier accessible à tous dans la réserve naturelle du Bout du Lac d’Annecy.

Encadrée par deux routes à forte circulation et de nombreux aménagements touristiques, la réserve naturelle du Bout du Lac d’Annecy se situe dans un contexte péri-urbain, à l’extrémité sud du lac. La planéité constitue la principale caractéristique de ce site. La différence d’altitude entre les niveaux minimal et maximal n’excède en effet pas 12 mètres.

Conformément aux objectifs du plan de gestion 2010-2019, le Syndicat mixte du Lac d’Annecy (SILA) souhaitait mettre en place un cheminement piétonnier au plus près de l’eau, autour du lac ; de même Asters (Agir pour la sauvegarde des territoires et des espèces remarquables ou sensibles) pour un sentier accessible à tous dans la réserve, à la demande de l’Association des amis de la réserve naturelle. De ces volontés conjointes est née la possibilité de réaliser un sentier qui traverse la réserve pour aller jusqu’au lac. Le projet a ensuite été soutenu par différents acteurs : ONF, EDF, Diren*, etc.

Les principales difficultés ont été de nature technique, dues à un environnement humide, voire inondé en hiver et à un substrat très caillouteux par endroits. C’est pourquoi la nécessité d’un sentier sur pilotis en bois imputrescible s’est imposée.

D’autre part, afin de limiter l’impact sur ce milieu fragile, sur sa faune et sa flore, en totale cohérence avec le plan de gestion, le chantier s’est déroulé en période hivernale en limitant l’accès aux petits engins de chantier. Une attention particulière a été apportée aux éventuelles pollutions : utilisation d’huile biologique, pas de déchets de chantier…

Aucune étude préalable n’a été menée. Seules des autorisations à la Diren, à la DDAF et aux propriétaires concernés ont été demandées. Une formation à la norme en vigueur « accessibilité en voirie » a cependant aidé à la mise en oeuvre du projet.

Conséquence, encourageante, de l’aménagement du site : celui-ci a fait école puisque la Communauté de communes du Pays de Faverges a initié le développement d’aménagements pour personnes à mobilité réduite dans d’autres sites. Autre conséquence : le nouvel aménagement entraîne une fréquentation accrue de la réserve naturelle. Il faut maintenant canaliser les personnes, et le parking est devenu trop petit.

 

Site : Réserve Naturelle Nationale du Bout du Lac d’Annecy


Statut du site : Réserve Naturelle Nationale


Type de réalisation : Aménagement d’un sentier accessible.


Contact : Aubrée Flammier, chargée d’étude, aubree.flammier@asters.asso.fr ; Franck Horon, conservateur, frank.horon@asters.asso.fr.


Partenaires : Conseil Général, Conseil Régional, Mécénat Fondation EDF, Association des Amis de la Réserve naturelle, SILA (Syndicat Mixte du Lac d’Annecy), ONF (Office National des Forêts), ASTERS (Agir pour la Sauvegarde des Territoires et des Espèces Remarquables ou Sensibles), Les Bancs Le Mont, Chazal, Pic Bois gravure SA.


Coût : 390 500€


Calendrier : 10 ans


Date d’ouverture au public : 2010

 

Cantonner les visiteurs sur le pourtour de la réserve naturelle

Etang Saint-Ladre

 

Réserve naturelle péri-urbaine, proche d’Amiens et cernée par de nombreuses infrastructures, la réserve naturelle de l’Etang Saint- Ladre a subi de nombreuses modifications dans sa périphérie. Si bien qu’il a été décidé d’utiliser ces aménagements pour permettre l’accès au site à un public plus large que celui qui le visitait jusqu’à présent.

Gros avantage du cantonnement des visiteurs sur le pourtour de la réserve naturelle : le coeur du site est préservé, la faune n’y est pas dérangée.

Il a fallu pas moins de 10 années pour réaliser cet aménagement entre les différentes tranches de travaux entrecoupées de phases de réflexions. Les aménagements, dont la fréquentation est suivie par un éco-compteur, ont eu pour conséquence l’amélioration de l’image de la réserve naturelle et du gestionnaire, et une meilleure reconnaissance. Le conservateur déplore cependant que subsiste encore une confusion entre réserve naturelle et « parcs et jardins » urbains.

 

Site : Réserve naturelle de l’Etang Saint-Ladre

 

Statut du site : Réserve naturelle nationale

 

Type de réalisation : Sentier périphérique de découverte de la réserve

 

Contact : Gaétan Rivière, conservateur, 03 22 89 84 01, g.riviere@conservatoirepicardie.org.

 

Partenaires : partenaires financiers habituels de la réserve naturelle, Fondation EDF.

 

Coût : 310 000 €

 

Calendrier : 10 à 12 ans (plusieurs phases de travaux et réflexions)

 

Date d'ouverture au public :

Label en 2008 (visuel et moteur)

 

Le site d’Eurotunnel en fauteuil

Samphire Hoe

 

Le gestionnaire du site a parcouru lui-même sa zone protégée en fauteuil roulant afin de se rendre compte des problèmes à résoudre avant de commencer les travaux d’aménagement du sentier menant à la mer de Samphire Hoe, à Douvres, sur les terres d’Eurotunnel.


D'autres exemples d'aménagements au Royaume-Uni sur le site du cahier technique : ct85.espaces-naturels.fr.

Situé de l’autre côté de la Manche, ce site accueille plus de 100 000 visiteurs par an. Le dénivelé n’a pas facilité les travaux. L’implication, dès la conception, de personnes handicapées moteurs et de malvoyants s’est avérée indispensable. D’autre part, les rampes devaient être suffisamment solides pour résister aux vagues. Les travaux ont été effectués afin de ne pas coïncider avec les périodes de nidification des oiseaux. Il a aussi été demandé aux prestataires techniques d’utiliser des machines étroites qui pouvaient rouler sur des chemins ou des planches afin de diminuer le poids des engins sur le sol.

L’accès est amélioré, non seulement pour les personnes handicapées mais aussi pour tous les publics, puisque tous les sentiers piétonniers ont été rendus plus praticables. Certains passages ont été élargis. Une signalétique permet au visiteur d’anticiper quand il devient plus difficile de progresser sur le sentier. La brochure du site a été modifiée et montre sur le chemin les endroits les plus difficiles. Sur toute sa longueur, le sentier est parsemé d’aires d’activité, de repos, d’interprétation. Les bordures du chemin ont été peintes dans une couleur lumineuse pour aider visuellement les personnes handicapées à emprunter le sentier.

Le point négatif est le coût plus élevé de maintenance. Il faut sans cesse enlever la végétation qui envahit le sentier, et les mouvements du sol à certains endroits provoquent des craquelures. Cela aurait pu être amoindri par une meilleure qualité du travail fourni : meilleure adhérence des gravillons et portance de l’ensemble du sentier.

Des groupes de personnes handicapées, incluant des utilisateurs de fauteuils roulants et des mal-voyants, ont de nouveau été invités à donner leur avis à la fin des travaux. Le site ayant donné satisfaction, il est maintenant promu pour des publics handicapés dans des guides spécifiques. Autres aspects positifs : le site est plus fréquenté en hiver, et plus de personnes se sont portées volontaires pour y travailler car son accès est plus facile. Malgré le nombre accru de visiteurs, ceux-ci ont tendance à rester davantage sur le nouveau sentier qu’auparavant en raison de sa meilleure praticabilité. Le milieu naturel ne s’en porte que mieux.

 

Site : Samphire Hoe


Statut du site : Site d’intérêt spécifique (classement britannique)


Type de réalisation : sentier pouvant être utilisé par des personnes en fauteuil roulant


Contact  : Paul Holt, chargé de mission, 01 30 42 25 649, paul.holt@whitecliffscountryside.org.uk


Partenaires : Eurotunnel (propriétaire de la zone et financeur du projet), Godden Construction (partenaire technique), Murphys (sous-traitant d’Eurotunnel), Stone Farms Ltd (partenaire technique).


Calendrier :8 ans (en trois phases)


Date d’ouverture au public : 2007

 

Au-dessus d’une mare à nénuphars

Chérine

 

Depuis 2002, la Réserve de Chérine met en place des aménagements pour pouvoir accueillir le public en situation de handicap et lui permettre de découvrir la zone humide. Parmi les réalisations, quatre observatoires et une passerelle au-dessus de la mare à nénuphars pour observer libellules, cistudes et martinpêcheur...

La Brenne est un espace où alternent étangs et mares, prairies, bois et landes. La biodiversité y est donc tout à fait intéressante et propice à la sensibilisation de tous les publics. En partenariat avec Tourisme et handicaps et APF, la réserve met en place des cheminements, une signalétique directionnelle et pédagogique, ainsi que des observatoires sur différentes parcelles du site.

Les observatoires, notamment, sont bien reçus par le public en situation de handicap mais également par les personnes âgées. Le lieu devient un incontournable de la promenade dominicale. Le gestionnaire regrette par contre le manque de respect de certains usagers des places réservées aux personnes en fauteuil.

 

Site : Réserve naturelle de Chérine

 

Statut du site : réserve naturelle nationale

 

Type de réalisation : aménagement d’observatoires

 

Contact : Cécile Danel, Animatrice, 02 54 28 11 02, rncherine@wanadoo.fr

 

Partenaires : fonds européens, régionaux et départementaux

 

Coût : 260 000 €

 

Calendrier : 11 ans

 

Ouverture au public : 2002 (premier), 2013 (quatrième)

 

Label pour le handicap moteur et auditif

 

Du parking au fond de la mer en passant par des pontons

Calanque du Port d’Alon

 

La Calanque du Port d’Alon est propriété du Conservatoire du littoral et située au coeur du sentier du littoral entre La Madrague de Saint Cyr et Bandol. Reconnue pour le caractère et la qualité de ses paysages et de son environnement, elle possède également des fonds sous-marins magnifiques, accessibles à tous.

L’exposition, abritée des vents dominants, confère au site un attrait particulier pour les activités de pleine nature et en particulier les pratiques aquatiques. Depuis 2006, une activité de sentier sous-marin animée et guidée permet de sensibiliser chaque année plus de 600 personnes à la richesse et la fragilité du milieu. Le CPIE* Côte Provençale développe des approches qui permettent une participation concrète des publics. Le travail avec le public handicapé a permis aux animateurs du site d’élargir leurs compétences et de se former. Les intervenants ont le BEES* plongée, sont spécialisés dans les sentiers sous-marins avec des publics variés et suivent une formation de CQH* module A.

Des défis techniques ont dû être relevés. Depuis l’aire de parking, un platelage en bois de 250 mètres a d’abord été construit. Ensuite, il a fallu inventer un système pour plonger sous l’eau.

Jérôme, un usager en fauteuil, commente la réussite de l’opération : « L’avantage pour nous est que cette calanque est totalement accessible, ce qui est rarissime. Ils ont fait un cheminement en bois pour nous permettre d’aller jusqu’au bord de l’eau. » Pour entrer dans l’eau, des combinaisons sont prévues. « On a fait les essais pour mettre la combinaison, la meilleure solution était d’avoir un moyen de s’accrocher à quelque chose en hauteur, un cordage. Cela me permet de me tracter sur les bras et on peut m’aider à enfiler la combinaison » continue Jérôme qui a participé à la mise en place technique de l’opération. Pour avoir un accès à l’eau, les animateurs ont construit deux plate-formes flottantes avec des éléments en PVC. Elles sont amovibles, légères, peu coûteuses, faciles à installer et à lever … Cela permet de se transférer du fauteuil à la plate-forme la plus haute (à hauteur de siège) puis à la plate-forme la plus basse avant de rentrer dans l’eau. Les promeneurs peuvent alors observer la faune et la flore de la calanque à l’aide d’un masque et d’un tuba, avec un accompagnateur expérimenté. Les choix techniques ont plutôt été de détourner le matériel existant plutôt que de réaliser du sur-mesure.

Cerise sur le gâteau : une douche chaude attend les promeneurs sous-marins à leur sortie de l’eau.

 

Site : Calanque du Port d’Alon à Saint-Cyr-sur-Mer.


Statut du site : Site du Conservatoire du littoral


Type de réalisation : Animation sous-marine


Contact : Eric Jourdan,chargé de mission, e.jourdan@atelierbleu.fr, 04 42 08 71 05.


Partenaires : Fondation Gecina, Fondation de France, Fondation ma nouvelle mutuelle et la Région PACA


Coût : 16 000 €


Calendrier : 4 ans


Date d’ouverture au public : 2011

 

Label pour le handicap moteur

 

La même information pour tous

Marais de Condette

 


 

Mode d'emploi de la signalétique pour les personnes déficientes visuelles
© Eden 62

 

Quand le gestionnaire a aménagé le site pour pouvoir accueillir des personnes en situation de handicap, il a également conçu une signalétique directionnelle qui convienne à tous les publics, y compris au handicap visuel ou mental.

Lorsque le cheminement calcaire et le platelage ont été mis en place, des panneaux ont été disposés à hauteur de main régulièrement sur le parcours avec des indications visuelles et braille. Les dessins sont les plus simples et compréhensibles possibles et sont doublés d’indications en braille.

Une plaque en laiton se trouve à l’entrée du site où figurent également des informations visuelles et du braille pour donner le « mode d’emploi » du site. Ainsi chacun sait à quoi s’attendre le long du parcours.

Pour les personnes déficientes visuelles, les endroits où se trouvent les panneaux sont signalés par des bandes podotactiles au sol.

 

Site : Réserve naturelle du Marais de Condette

 

Statut du site : réserve naturelle régionale

 

Type de réalisation : mise en place de signalétique directionnelle et d’interprétation

 

Contact : Hubert Brabant, Chargé de mission du secteur, 03 21 32 13 74, h.brabant@eden62.fr / Kevin Wimez, Chargé de mission, 03 21 32 13 74, kevin.wimez@eden62.fr

 

Partenaires : Commnune de Condette, Arietur, Tetras

 

Les Gorges vues du belvédère

Gorges d’Oppedette

 

Un habitant handicapé d’Oppedette, dans le Luberon, n’avait jamais vu le fond des gorges qui sont un espace protégé de sa commune, avant les aménagements réalisés pour les rendre plus accessibles.

Les aménagements en question ont concerné une aire de stationnement, un cheminement sur platelage bois vers un belvédère et de la signalétique en braille et pédagogique. L’objectif ambitieux a été de viser les 4 familles de handicaps afin que toutes les personnes en situation de handicap puissent profiter des gorges depuis un belvédère aménagé au-dessus du site.

Le terrain très difficile (gorges de lapiaz sur un plateau) a cependant entraîné un aménagement limité dans l’espace, en marge du coeur des gorges pour mieux respecter la nature des lieux.


 

© ECO Etude et concept outdoor

 

Site : Espace naturel sensible des gorges d’Oppedette

 

Statut du site : ENS des Alpes de Haute Provence

 

Type de réalisation : aménagement d’un stationnement et d’un cheminement sur platelage bois vers un belvédère, signalétique braille et pédagogique

 

Contact : Florent Craipeau, responsable ENS,
 04 92 30 08 57, f.craipeau@cg04.fr

 

Partenaires : Parc naturel régional du Lubéron, Association des Paralysés de France, Association « à perte de vue » (non voyants)

 

Coût : 30 000 € pour la gestion du handicap (dans un projet plus global)

 

Calendrier : 3 ans

 

Label pour les 4 handicaps

 

Sur le sentier des arbres...

Sentier de découverte d’Etsaut

 

Les aménagements accessibles peuvent parfois être de conception simple tout en s’avérant fort utiles. C’est le cas notamment du fil d’Ariane construit le long du sentier pédestre qui entoure la maison du Parc national des Pyrénées à Etsaut.

Autour du centre d’interprétation a été créé un sentier de découverte : « le sentier des arbres », un cheminement accessible à tous grâce à des aménagements spécifiques. On y trouve des bornes et des panneaux à hauteur normalisée, un revêtement de sol adapté à la circulation aisée des fauteuils avec un fil d’Ariane, des traces d’animaux en résine et d’arbres en relief, documents en braille et caractères agrandis. Concernant le fil d’Ariane, il s’agit d’un rebord construit le long du sentier pour guider les personnes qui ont des cannes afin de rester dans le cheminement. Ce repère, tout simple, est très apprécié des mal-voyants mais aussi des personnes à mobilité réduite puisqu’il permet de canaliser les fauteuils roulants.

Le sentier permet une découverte par tous les publics, en autonomie ou avec les gardes-moniteurs du parc autour de différents thèmes : « Autour des villages », « Les forêts de mi-pente », « Arbres à la conquête d’espaces », « Les forêts d’altitude ». Quel que soit son degré d’autonomie, le visiteur part à la découverte des arbres de la montagne en traversant 5 îlots différents. Plus de 25 arbres sont ainsi présentés par des panneaux d’interprétation en français, espagnol, braille et caractères agrandis pour les non et mal-voyants. Chaque borne a trois faces rotatives, des dessins en relief mettent l’accent sur une particularité de l’arbre : feuilles, fruits, silhouettes… L’un des îlots est consacré à « La géologie et l’influence du sol », avec présentation des roches les plus représentatives de la vallée.

De plus, un espace d’interprétation permet une pause pour l’observation et la connaissance des rapaces et du biotope de l’ours, par une lunette d’observation accessible aux personnes en fauteuil et deux tables explicatives. Des empreintes en résine d’animaux sauvages, avec identification en français, espagnol et braille, complètent l’ensemble.

Le sentier, entièrement créé, s’inscrit dans un ensemble dont il a fallu penser globalement l’accessibilité. Le parking a été réaménagé ainsi que les toilettes. Une aire de pique-nique avec des tables adaptées sont également accessibles aux personnes en situation de handicap.

 

Site : Parc national des Pyrénées

 

Statut du site : Parc National


Type de réalisation : installation d’un fil d’Ariane dans le cadre de l’aménagement d’un sentier d’interprétation


Contact : Marie Hervieu, Chef du service communication
05 62 54 16 40
pnp.hervieu@espaces-naturels.fr / Maison du Parc national, 05 59 34 88 30


Partenaires : Association des Paralysés de France 64, Handi Rando Pyrénées 64, Handisport 65 pour le handicap moteur, Voir Ensemble et Association Valentin Haüy 64 et 65 pour le handicap visuel, ARIMOC du Béarn, Perce Neige Ogeu, Foyer de Vie d’Accous, ADAPEI pour le handicap mental, Maison des Sourds 64 ainsi que les responsables de la labellisation « Tourisme et Handicap » pour les Pyrénées-Atlantiques.

 

Coût : 200 000 € (projet global)


Calendrier : 3 ans


Date d'ouverture au public : 2008


Label pour les 4 handicaps (Maison du Parc en 2006, sentier en 2008)

 

Un chemin seulement pour l’été !

Ile de Porquerolles

 

La plage d’Argent, sur l’île de Porquerolles, est sans conteste l’une des plus belles de la Côte d’Azur. Située au coeur du Parc national de Port-Cros, elle est désormais accessible aux personnes à mobilité réduite, qui goûteront au plaisir d’une baignade dans une eau qui fait penser à celle des Antilles. Le défi : respecter la naturalité du site et rendre accessible tout le parcours jusqu’à la plage.

Située au Nord-Ouest de l’île de Porquerolles, la Plage d’Argent, ainsi nommée en raison de la couleur de son sable, est dorénavant accessible aux personnes à mobilité réduite. L’accès le plus direct à l’île se fait par le port de la Tour Fondue situé au bout de la presqu’île de Giens. Les bateaux peuvent embarquer les personnes à mobilité réduite.

Depuis le port de Porquerolles, une piste de 1,4 km permet de rejoindre la plage : les personnes à mobilité réduite non accompagnées bénéficient selon les horaires d’un service de taxi électrique. Les résidents en situation de handicap peuvent accéder à la plage en utilisant leur véhicule personnel (selon les horaires et après délivrance d’une autorisation à circuler délivrée par le Parc national).

Depuis la place de stationnement spécifique, située sur l’arrièreplage, un cheminement de platelages de bois permet d’accéder à la plage et aux services existants : sanitaires, restaurant. Dans la continuité, un platelage amovible, en bois déroulable est posé sur le sable jusqu’au rivage. Ce dernier n’est installé qu’entre avril et novembre, pour laisser évoluer cette plage naturelle, tout en s’adaptant d’année en année aux changements de profil de la plage. Cette ingénieuse adaptation permet d’équiper un site protégé, inondable en hiver. De plus, le site étant classé, le gestionnaire se devait de respecter la végétation des arrières plages, en réduisant la largeur du cheminement chaque fois que nécessaire. Maintenant que le platelage a pu être construit en s’adaptant aux contraintes environnementales, le label tourisme et handicap ne devrait pas tarder à être décerné !

 

Site : Parc national de Port-Cros

 

Statut du site : parc national

 

Type de réalisation : pose d’un platelage démontable

 

Contact : Laurence Bonnamy, Responsable du service aménagement, architecture et paysage, 04 94 12 89 13, laurence.bonnamy@portcrosparcnational.fr

 

Partenaires éventuels : Mécénat GMF

 

Coût : 50 000 €

 

Calendrier : mars-juillet 2012

 

Date d’ouverture au public : juillet 2012

 

Label en cours

 

Un poumon vert accessible aussi aux personnes handicapées

Forêt de Castillon

 

Situé aux portes de l’agglomération de Fos-Istres-Martigues, le plateau forestier de Castillon est extrêmement fréquenté. Près de 80 000 personnes en 2009 ont profité de ce poumon vert entouré d’étangs d’eau douce et d’eau salée, à proximité de l’étang de Berre. Parmi ceux qui profitent de ce milieu naturel, on comptait jusqu’à présent très peu de personnes handicapées.

C’est suite à un incendie qu’il a été décidé d’inclure dans le plan de réhabilitation la possibilité pour les personnes handicapées d’avoir accès au site. Un sentier existant a donc été aménagé, ainsi qu’une aire de stationnement. Le lieu, alternance de milieux ouverts par le feu et de milieux forestiers plus ombragés, attire des randonneurs puisque le chemin est décrit dans les fiches topo-rando du Conseil Général. L’accès aux personnes handicapées présentait cependant quelques obstacles : des portions pentues, la traversée de routes fréquentées par des véhicules à moteur et la proximité d’une petite falaise sur quelques centaines de mètres.

Afin de contourner les difficultés, il a été ajouté une signalisation à la traversée de la route et la pose de miséricordes* sur le parcours pour des personnes à mobilité réduite. D’autre part, la partie pentue du sentier a été bétonnée pour éviter l’érosion. Le béton utilisé est de couleur sable afin de se fondre dans le site. La commune de Port de Bouc était particulièrement motivée par ces aménagements qu’elle a inscrits dans son projet de développement local et touristique. Les objectifs d’accroître la fréquentation des personnes handicapées et de réduire la circulation pédestre sur la route ont été atteints.

 

Site : Forêt de Castillon à Port de Bouc

 

Statut du site : forêt domaniale, départementale, communautaire, communale. ZPS « Etangs entre Istre et Fos » (FR 9312015)

 

Type de réalisation : création d’une aire de pique-nique avec mobilier, et d’un sentier

 

Contact : Elsa André, technicienne du bureau d’étude,
06 08 71 03 63,elsa.andre@onf.fr ; Patrick Burg, chargé de la forêt domaniale,
06 16 17 08 71, patrick.burg@onf.fr.

 

Partenaires : Commune de Port de Bouc (financement), Association des Paralysés de France, CDT13, Office National des Forêts (bureau d’étude, financement), Conseil Général (financement), Conseil Régional PACA (financement), Etablissements Dolza (sous-traitant)

 

 

Un sentier tous publics...sous l'eau !

Cerbère-Banyuls

 

Un sentier sous-marin s’étend entre Banyuls-sur-Mer et Cerbère, situé le long de la face nord de l’anse Peyrefite, regroupant en 250 mètres linéaires les cinq principaux biotopes marins de la côte rocheuse catalane. Comment faire pour que les personnes à mobilité réduite profitent elles aussi de cet écosystème extraordinaire ?

Organisée et destinée à la sensibilisation de tous les publics, l’observation du milieu sous-marin s’effectue en mer dans la zone littorale à l’aide, au minimum, d’un masque et d’un tuba qui peuvent être loués. La pratique varie ensuite selon les sites : libre, accompagnée, balisée..?. Le sentier est adapté au public handicapé en raison de l’accessibilité de la plage (planchers) et du bord de l’eau (tiralo*). Néanmoins, cela ne dispense pas les personnes en situation de handicap d’aller dans l’eau avec leurs accompagnateurs.

Ce sentier sous-marin a pour objectif de faire découvrir en toute sécurité la diversité des paysages sous-marins et de sensibiliser le public aux richesses et aux enjeux liés aux écosystèmes marins qui sont délimités par cinq balises comportant des panneaux informatifs immergés.

La difficulté de son aménagement a consisté principalement à la préservation du milieu marin. Ainsi des « ancrages écologiques » ont été mis en place afin d’éviter l’écrasement de la faune et de la flore et le frottement d’une chaîne sur le fond sous-marin. Il a également fallu demander des autorisations pour l’occupation du domaine public maritime : fond de l’eau pour les bouées et plages pour les structures d’accueil (point d’accueil et poste de secours). Le tiralo est la propriété des pompiers-surveillants de baignade, mais il est mis à disposition du public handicapé.

C’est notamment pour les patients du Centre de rééducation fonctionnelle Bouffard-Vercelli que l’accès au sentier a été amélioré. Jusqu’à présent, ils avaient toujours fréquenté cette plage... sans jamais mettre la tête sous l’eau.
 

Site : Réserve Naturelle Marine de Cerbère-Banyuls

 

Statut du site : réserve naturelle marine

 

Type de réalisation : Sentier sous-marin

 

Contact : Jean-François Laffon, responsable, tél. 04 68 88 09 11, e-mail : jean-françois.laffon@cg66.fr

 

Partenaires : Conseil Général, SDIS, SMNLR, Neptune SMAP (balisage), Amphicom (tubas FM), Aquascience (panneaux), TEC Innovation (accès plage handicapés), Equip'Handi (tiralo))

 

Calendrier : 6 ans

 

Date d’ouverture au public : 2010

 

Une butée en chêne sur 1 km

Bois départemental de Maroeuil

 

Principalement destiné aux personnes déficientes visuelles, le fil d’Ariane du Bois de Maroeuil est complété par de la peinture contrastée qui permet de signaler les intersections du sentier aux mal-voyants ou aux utilisateurs de canne. Cette butée en bois sécurise également le chemin pour les personnes en fauteuil.

Dès la conception du projet, la consigne a été de garantir la continuité de l’accessibilité du parking jusqu’à l’équipement. Il fallait donc concevoir le cheminement mais également penser au fil d’Ariane qui longe le chemin sur tout le parcours. Il s’agit d’une butée en bois. Le gestionnaire a choisi le chêne dans le respect des essences locales (cf. 2.4).

Il était également important de signaler les intersections aux déficients visuels. Une astuce : utiliser une épaisse couche de peinture blanche comme guide-canne et des bornes podotactiles.

Il n’existe pas de comptage permettant de mesurer l’évolution de la fréquentation des personnes déficientes visuelles. Mais depuis,le gestionnaire assiste clairement à une appropriation par la population locale, y compris âgée.

Le Bois de Maroeuil fait également l’objet d’une fiche concernant le cheminement, cf. page 20.

 

Site : Bois départemental de Maroeuil

 

Statut du site : ENS Pas-de-Calais

 

Type de réalisation : fil d’Ariane

 

Contact : Charlotte Debrabant, Chargée de mission du secteur, charlotte.debrabant@eden62.fr, 03 21 32 13 74 / Kevin Wimez, Chargé de mission accessibilité, kevin.wimez@eden62.fr, 03 21 32 13 74

 

Ouverture au public : 2001

 

Label pour les 4 handicaps en cours

 

Une butée en chêne sur 1 km

Une offre complète d’interprétation

Vallée du Tech

 

Dans le cadre de sa politique globale menée en faveur de l’accessibilité, le Parc national des Pyrénées a souhaité aménager l’ensemble d’une vallée en collaboration avec une collectivité locale : la vallée du Tech. L’ensemble de sa politique a été récompensé puisqu’il a reçu en 2009 les trophées APAJH et OCIRP.

Le Parc national et la commune d’Arrens-Marsous ont conjugué leurs efforts pour accueillir tous les publics dans cette vallée d’une quinzaine de kilomètres. L’originalité du projet réside dans la volonté de proposer un projet d’interprétation sur l’ensemble de la vallée pour découvrir la richesse du milieu montagnard.

Les aménagements ont été localisés sur les sites principaux de la vallée : le lac-barrage du Tech, la cabane pastorale de l’Arcoèche, le parking terminus de la route départementale du Plan d’Aste et la maison du Parc du Plan d’Aste.

Tous ces sites sont équipés de tables d’interprétation. Les informations sont délivrées en trois langues (français, anglais espagnol), en braille et en caractères agrandis. L’objectif est d’utiliser le toucher comme outil de connaissance de la nature. De nombreuses maquettes en résine sont installées sur les tables d’interprétation pour permettre à tous les visiteurs (en particulier aux mal-voyants) de prendre la mesure de ce qui est donné à voir.

Un câble métallique relie la table d’interprétation et l’élément naturel. Il permet de ressentir et découvrir la nature (souche, granit, tronc, mousse...). Les thématiques abordées sur les panneaux d’interprétation et dans le parcours scénographique de la maison du parc sont le reflet des richesses naturelles : il y a un lien direct entre ce que le visiteur peut observer sur les sentiers aménagés et l’interprétation qu’il peut en trouver sur le sentier et dans la maison.

Techniquement, tout a été conçu en privilégiant l’utilisation de matériaux rustiques, résistants aux intempéries, en évitant de recourir à de la haute technologie et en privilégiant à chaque fois l’aspect tactile et sensoriel. Au départ de chaque sentier sont installées des bornes sonores fonctionnant grâce à des panneaux solaires. Une boucle auditive existe à l’intérieur de la Maison pour les personnes malentendantes appareillées. Un téléchargement par bluetooth permet de disposer de la totalité des textes des tables d’interprétation. Le téléchargement est possible à partir d’une borne installée à la maison du Plan d’Aste. Les audioguides sont disponibles à la Maison du Plan d’Aste et à la Maison du parc et de la vallée à Arrens-Marsous.

 


Site : Parc national des Pyrénées.



Statut du site : Parc national



Type de réalisation : sentier et panneaux d’interprétation



Contact : Marie Hervieux, chef du service communication, 05 62 54 16 40, pnp.hervieu@espaces-naturels.fr / Maison du Parc et de la vallée, 05 62 97 43 13



Partenaires : associations et structures publiques de tourisme et de handicap, financement privé

 

Coût : 1 000 000 €



Calendrier : 7 ans



Date d’ouverture au public : juillet 2012



Label pour les 4 handicaps en 2012

 

 

Le fil d'Ariane

Expériences : aménagements extérieurs

 


 

RN de l'Etang Saint-Ladre © Cen Picardie

 

Pour se déplacer au sein de l’espace naturel sans rupture de la chaîne de déplacement, les personnes déficientes visuelles ont besoin de se sentir en confiance dans un nouvel environnement dans lequel elles évoluent. Or, lorsqu’une personne est en visite, elle ne connaît pas forcément la configuration du lieu où elle se rend.

L’objectif du fil d’Ariane est de permettre aux personnes déficientes visuelles d’acquérir plus d’autonomie. Dans un premier temps, il est possible de créer au sol un parcours en relief qui pourra leur permettre de se diriger à l’aide de leur canne ou du moins au toucher. Ce système de guidage peut être complété par un plan en relief ou des bornes audio (cf. chapitre 5).

 

Le platelage

Expériences : aménagements extérieurs

 

C’est la technique pour les sols peu porteurs. Le platelage est un chemin sur pilotis composé de planches de bois. Ce système est particulièrement adapté aux zones humides ou aux sols meubles comme les dunes.

La première question à se poser est celle du dimensionnement. La largeur minimum à prévoir est de 1,40 m avec des zones de croisements, mais si la fréquentation est importante, il sera conseillé de compter plutôt 1,60 m (à l’intérieur du fil d’Ariane). C’est une limite qui reste acceptable visuellement. La hauteur du chemin est aussi importante : il faut laisser un espace suffisant pour une bonne ventilation, mais attention, au-dessus de 40 cm il faudra des gardecorps. C’est un paramètre important pour une bonne durabilité.

Le choix du bois en est une autre. Certaines entreprises peuvent proposer du pin traité de façon industrielle : attention à la diffusion dans le milieu des produits chimiques utilisés. Orientez-vous plutôt vers les essences locales non traitées. Eden 62 a par exemple développé une filière pour le chêne de ses aménagements (cf ci-contre).

La visserie sera choisie en inox pour les installations de bord de mer, et ce, jusqu’à une dizaine de km dans les terres. Au-delà il faudra du zingué-bichromaté.

Le tracé, outre les contraintes techniques, doit permettre au visiteur de se faire une idée des différents milieux du site. Bien positionné, il permettra de tranquilliser la zone en le contenant en périphérie.

La signalétique directionnelle

Expériences : aménagements extérieurs

 

 

La signalétique doit répondre à trois fondamentaux :

  • être visible : les panneaux doivent être vus immédiatement à partir des points stratégiques (le panneau d’entrée depuis le parking, et notamment les places réservées, le jalonnement de l’itinéraire aux intersections pour ne pas mettre en difficulté les personnes handicapées sur une partie de parcours non adaptée) ;
  • être lisible : faire attention à la hauteur des panneaux et s’assurer que l’on peut s’en approcher suffisamment. Les couleurs doivent être contrastées et les polices les plus simples possible ;
  • être compréhensible : en évitant de multiplier les informations et en ayant recours aux pictogrammes, en particulier en pensant au public avec handicap mental (cf 3.4).

La signalétique directionnelle doit être répartie de façon homogène sur l’ensemble du site et notamment lors de tout changement de direction. Elle doit recourir tant que possible à des icônes simples pour être comprise rapidement. En particulier quand il s’agit de signaler un danger, le recours aux pictogrammes normalisés s’impose.

Pour la lisibilité à 1 mètre, il est recommandé d’utiliser des lettres de 30 mm de hauteur, et des pictogrammes de 50 mm. Pour une lisibilité à 5 mètres, il faut 150 mm pour les lettres et 250 pour les pictogrammes. Pour les déficients visuels, un point d’appel à la vigilance s’impose au sol pour annoncer un panneau en relief.

 

La signalétique d'interprétation

Expériences : aménagements extérieurs

 


 

RN Marais de Condette © Eden 62

 

Information et interprétation ne sont pas soeurs jumelles : les contenus, les objectifs et surtout les méthodologies employées ne sont pas les mêmes.

La signalétique d’interprétation a pour objectif non seulement de garantir la protection du site en canalisant les visiteurs, mais aussi de les sensibiliser à ses enjeux patrimoniaux. Elle révèle ses patrimoines naturel et culturel par une approche sensible recourant à l’émotion, à l’imagination… c’est un type de communication fortement teinté de sensibilité, qui révèle aux visiteurs une dimension nouvelle du site, leur permettant de ressentir les choses différemment après sa découverte, leur donnant envie d’en savoir plus.

Pour les pupitres, prévoir un espace libre de 70 cm en-dessous. La hauteur de lecture doit être comprise entre 80 et 130 cm. Prévoyez des lettres suffisamment grosses et des couleurs contrastées. Le braille et les dessins en relief doivent être inclinés et situés à hauteur de main.

 

Les observatoires

Expériences : aménagements extérieurs

 


 

Animation d'observation dans la réserve de Chérine © Cécile Daniel

 

Les observatoires, ou belvédères, sont prévus pour permettre aux visiteurs, quel que soit leur handicap, de profiter d’un panorama, d’un point de vue, d’une position favorable à l’observation d’espèces. Ils nécessitent une zone de retournement sans obstacle de 1,5 m de diamètre et un garde-corps d’environ 1 m pour ménager une zone de vision entre 60 et 110 cm. Pour les observatoires derrière une palissade ou dans une cabane aménagée, prévoir des ouvertures à différentes hauteurs (au moins une à 90 cm), et ménager un accès permettant l’avancée d’un fauteuil. Penser également à des supports pour poser les jumelles pendant l’observation.

 

Les aménagements sous-marins

Expériences : aménagements extérieurs

 

Certains sites naturels du littoral ont eu l’incroyable idée d’installer des panneaux immergés portés par des bouées, le long desquelles les visiteurs nagent parmi gorgones, daurades et spirographes. Lorsque le visiteur muni d’un tuba FM s’approche d’un panneau immergé, la visite commentée se déclenche. Ce tuba spécifique permet une parfaite audition par conduction osseuse via les dents : l’émission des messages provoque des vibrations au niveau de l’embout du tuba, qui sont transmises par les os de la mâchoire et arrivent à l’oreille interne, permettant une audition de qualité.

Munies de plaquettes immergeables présentant la faune et la flore sous-marine, les personnes handicapées peuvent s’y rendre sans problème accompagnées d’un maître-nageur du site, pour découvrir les différents écosystèmes traversés à la nage (galets, herbiers, roches, falaises, tombants…). Ce système original n’est qu’un exemple d’outils qui permettent d’ouvrir le monde aquatique à tous les publics.

 

Et sans aménagement...

Expériences : aménagements extérieurs

Rendre accessible ne veut pas forcément dire aménager. Nombreux sont les gestionnaires qui croient qu’il faut en premier lieu penser à ce que l’on peut proposer d’humain avant d’imaginer ce que l’on peut construire comme infrastructure. Le fil conducteur de tout projet c’est de réduire les discriminations pour permettre à chacun de découvrir un site ou simplement d’être en contact avec la nature. à partir de là, le gestionnaire de site naturel est pris entre deux logiques : celle de l’aménagement, qui répond à des critères et garantie l’autonomie maximum de la personne en situation de handicap, et celle de l’investissement humain, qui est parfois plus coûteuse et demande plus d’organisation pour les visiteurs.

D’autres paramètres entrent aussi en jeu : le vandalisme récurrent sur certains équipements comme les bornes audio par exemple, ainsi que la faible fréquentation de certains sites malgré les efforts faits.

Tous ces questionnements font que certains gestionnaires ont pris le parti, non pas de faire de l’accessibilité par des travaux, mais par un investissement important avec les animateurs (cf. partie 5) ou bien par la mise à disposition de matériel.